Exclusif. Sondage Ifop-l’Etudiant : APB ne satisfait pas un parent sur deux

 

Un portail APB considéré comme “plutôt flou” par une majorité de parents, la crainte de perspectives professionnelles moins bonnes pour leur progéniture… Selon les résultats du sondage Ifop, commandé par l’Etudiant à l’occasion du Salon des parents, la perspective d’une orientation apaisée ne semble toujours pas d’actualité.

“Plutôt flou”. C’est ainsi qu’une majorité (61 %) de parents de lycéens et d’étudiants connaissant APB décrivent le système d’affectation dans le supérieur. Durant l’année du bac, tous les élèves de terminale ont l’obligation de classer sur ce portail, par ordre de préférence, les formations dans lesquelles ils souhaitent poursuivre leurs études.

Pratique

Tel est l’un des principaux enseignements du sondage réalisé par l’Ifop pour l’Etudiant, à l’occasion de son premier salon spécial parents, qui se déroulera le samedi 8 octobre, porte de la Villette, à Paris. Un sondage effectué auprès de 603 parents de lycéens ou d’étudiants du supérieur entre le 23 et le 30 septembre 2016.

Les parents jugent le portail APB d’autant plus flou qu’ils ne l’ont pas encore utilisé“, détaille François Kraus, directeur d’études à l’Ifop.

 

Des parents qui se sentent plutôt bien informés…

Des chiffres qui témoignent des limites de cette procédure – plus d’un utilisateur sur deux n’est pas satisfait – mais également de l’appréhension qu’elle suscite. Et qui s’explique en partie par les polémiques récurrentes dont elle est l’objet. Depuis plusieurs années, en effet, l’association Droit des lycéens dénonce l’opacité d’APB et se bat pour que le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publie l’algorithme utilisé. Une demande pour l’instant restée sans suite…

Autre enseignement : la forte corrélation entre la notoriété du portail et la catégorie socioprofessionnelle. En effet, 66 % des parents ouvriers en ont déjà entendu parler contre 100 % des cadres supérieurs. En moyenne, 85 % des parents interrogés connaissent APB.

De manière plus générale, on constate également une forte relation entre le sentiment d’être bien informé pour aider son enfant à s’orienter et la profession des parents : 59 % des ouvriers estiment être bien informés contre 66 % des employés et 70 % des cadres supérieurs.

Enfin, et surtout, plus les échéances importantes approchent, moins l’information paraît suffisante pour les parents  : seuls 50 % d’entre eux ayant un enfant en terminale estiment être bien informés contre 72 % des parents des lycéens de seconde.

Proportion de parents ayant le sentiment d’être bien informé

Plus leurs enfants s’approchent du baccalauréat, moins les parents ont le sentiment d’être bien informés pour aider leur enfant à s’orienter.

… mais qui sont pessimistes sur l’avenir professionnel de leurs enfants

Au-delà des inquiétudes autour d’APB, les parents interrogés font part de leur angoisse quant à l’avenir professionnel de leurs enfants. Seuls 18 % d’entre eux estiment que la situation professionnelle de leur enfant sera meilleure que la leur, quand ils sont 43 % à estimer qu’elle sera équivalente et 39 % à penser qu’elle sera plus mauvaise. À noter que cette crainte de déclassement est forte chez les chefs d’entreprise (52 %) et les CSP+ (42 %). À l’inverse, elle est relativement faible chez les salariés (39 %), en particulier quand ils travaillent dans la fonction publique (32 %).

Parmi les sources de préoccupation le plus fréquemment citées par les parents, la crainte que le diplôme ne permette pas d’avoir des revenus suffisants (67 %) et donne accès à peu de débouchés (63 %). Mais si l’on regarde le détail des résultats, les sources de préoccupation ne sont pas les mêmes selon la catégorie socioprofessionnelle : la première source de préoccupation parmi les CSP+ est que le diplôme ne permette pas d’avoir des revenus suffisants, alors que les parents ouvriers citent en priorité les problèmes d’insécurité à l’école.

Enfin, sur les critères qui les influencent le plus pour l’orientation de leurs enfants, les parents donnent clairement la priorité à l’emploi.  Les débouchés et perspectives d’embauche sont cités par 60 % des parents, devant l’épanouissement personnel (43 %), la rémunération attendue (21 %), ou encore le statut social qui en découle (8 %). “La crise économique de 2008 semble avoir rendu les parents plus pragmatiques, analyse François Kraus de l’Ifop. En comparaison avec nos données de 2008, les parents accordent une importance croissante aux perspectives d’embauche, tandis que la place attribuée à la rémunération ou au statut social diminue.”

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En 2016, les parents donnent la priorité aux débouchés plutôt qu’à la rémunération attendue ou au statut social.

Des parents qui se sentent plutôt bien informés…

Des chiffres qui témoignent des limites de cette procédure – plus d’un utilisateur sur deux n’est pas satisfait – mais également de l’appréhension qu’elle suscite. Et qui s’explique en partie par les polémiques récurrentes dont elle est l’objet. Depuis plusieurs années, en effet, l’association Droit des lycéens dénonce l’opacité d’APB et se bat pour que le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publie l’algorithme utilisé. Une demande pour l’instant restée sans suite…

Autre enseignement : la forte corrélation entre la notoriété du portail et la catégorie socioprofessionnelle. En effet, 66 % des parents ouvriers en ont déjà entendu parler contre 100 % des cadres supérieurs. En moyenne, 85 % des parents interrogés connaissent APB.

De manière plus générale, on constate également une forte relation entre le sentiment d’être bien informé pour aider son enfant à s’orienter et la profession des parents : 59 % des ouvriers estiment être bien informés contre 66 % des employés et 70 % des cadres supérieurs.

Enfin, et surtout, plus les échéances importantes approchent, moins l’information paraît suffisante pour les parents  : seuls 50 % d’entre eux ayant un enfant en terminale estiment être bien informés contre 72 % des parents des lycéens de seconde.

Proportion de parents ayant le sentiment d’être bien informé

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Plus leurs enfants s’approchent du baccalauréat, moins les parents ont le sentiment d’être bien informés pour aider leur enfant à s’orienter.

Propos recueillis par Aurore Abdoul-Maninroudine, L’Etudiant