La mixité, moteur de performance pour les entreprises françaises

Une étude du cabinet Global Contact publiée ce jeudi 3 novembre montre que les entreprises françaises mais aussi mondiales affichent de meilleures performances lorsqu’elles sont composées d’équipes mixtes.

En 2017, les femmes devront représenter 40% des conseils d’administration des entreprises de plus de 500 salariés

Les entreprises françaises où travaillent autant d’hommes que de femmes sont plus performantes. C’est le constat que dresse le cabinet Global Contact dans une étude publiée jeudi 3 novembre. En 2016, les équipes mixtes ont affiché des résultats 20% supérieurs aux équipes non mixtes dans les entreprises françaises. Et 23% à l’échelle mondiale. Sachant que l’on considère une équipe comme mixte à partir du moment où elle est composée de 40 à 60% de femmes ou d’hommes.

Ces chiffres, qui montrent que la mixité est une composante de la réussite économique, devraient inciter les entreprises qui ont encore du mal à intégrer les femmes à y remédier. D’autres études révélant un lien entre féminisation des Conseils d’Administration et performances économiques avaient déjà été publiées ces dernières années. Ce travail d’analyse de Global Contact apporte pour la première fois des données relatives aux équipes et conforte ainsi les conclusions émises par ces récentes études.

De meilleurs performances mais surtout, moins de souffrance au travail

Au-delà de la dimension économique, l’étude met en évidence que les travailleurs issus d’équipes mixtes sont nettement moins sujets à la souffrance sur leur lieu de travail. Si l’on regarde les chiffres en France, les cas de souffrance sont évoqués par 15% des travailleurs interrogés et évoluant dans une équipe non-mixte, contre 11% des travailleurs en équipe mixte. Idem pour le sentiment d’utilité et l’épanouissement qui, dans les équipes qui comptent autant d’hommes que de femmes, atteignent 96% et 95%, contre respectivement 91% et 85% au sein des équipes où les proportions sont déséquilibrées.

Sciences, Technologies, Innovation… Des domaines en manque de mixité

L’étude s’est focalisée sur les entreprises de la science, des technologies et de l’innovation (STI). Au sein de ces firmes, en termes de niveau d’engagement et de bien-être des travailleurs, les proportions sont très encourageantes et même au-dessus de la moyenne. Les entreprises de type STI où les salariés évoluent dans une équipe en panne de mixité sont plus en souffrance, se sentent moins utiles et respectés et le taux d’épanouissement est également moins élevé.

En revanche, les femmes restent sous-représentés dans les formations qui conduisent à travailler dans ces entreprises et les auteurs de l’étude parlent même d’une évolution “alarmante” : “Les données de cette année [2016] mettent en évidence un ralentissement similaire de la féminisation des doctorats STI en France qui n’augmente que de 2% en dix ans, alors que la progression observée dans le monde est de 9%“. Mais au-delà de ce constat inquiétant, l’étude apporte des pistes pour remédier à ce fort déséquilibre : favoriser une meilleure organisation du travail (flexibilité des horaires, meilleur encadrement du télétravail…), permettre aux femmes une meilleure gestion de leur carrière (promotion, égalité salariale, développement personnel), ou encore offrir un équilibre vie professionnelle/vie privée favorable à la parentalité.

PAR PHILIPPE PEYRE, RTL Emploi