Plus d’un jeune Français sur dix quittent le système éducatif sans diplôme

Le Figaro.fr par Paul de Coustin

Ces jeunes de 16 à 25 ans sont inégalement répartis sur le territoire. Leur part est particulièrement élevée dans les académies d’Amiens, de Corse et des départements d’outre-mer, selon une note du ministère de l’Éducation nationale.

Un peu plus de 10 % des jeunes âgés de 16 à 25 ans ont quitté le système éducatif sans obtenir de diplôme en 2011. Un chiffre qui varie fortement selon les académies, comme l’explique une note d’information du ministère de l’Éducation nationale publiée ce mercredi 2 décembre. Les jeunes filles sont moins touchées que les garçons, la proportion de celles qui se retrouvent sans diplôme à l’issue de leur scolarité étant «inférieure de trois points à celle des garçons», respectivement 9 % et 11,9 %. La situation de ces jeunes est néanmoins en voie d’amélioration: entre 2006 et 2011, la proportion de jeunes sans diplôme a baissé de 0,6 point.

La part de jeunes sans diplôme varie fortement sur le territoire national. L’académie de Paris mise à part, c’est à l’ouest et dans la partie sud de la France -à l’exception du pourtour méditerranéen- que ces jeunes sans diplômes sont les moins nombreux. L’académie de Paris (4,9%) et de Rennes (7%) sont les meilleures élèves. Au contraire, les académies d’Amiens (14%), de Corse (15,7%) et des départements d’outre-mer (DOM), ont toutes une part d’élèves sortis sans diplômes supérieure à 14 %.

 

Une situation liée «au contexte économique et social local»

Les départements où la part des jeunes sans diplôme est élevée «sont souvent ceux connaissant un fort taux de chômage et où le niveau de vie des ménages y résidant est faible» explique le ministère. La note cite en exemple les départements de l’Aisne, de l’Aude ou encore les Pyrénées-Orientales: tous trois figurent parmi les départements métropolitains «où la part de jeunes sans diplôme est la plus élevée», supérieure à 13%. «Ces territoires sont aussi ceux où le chômage atteint des taux très importants» (14,1% pour l’Aisne et l’Aude et 15,4% pour les Pyrénées-Orientales fin 2014), et où le niveau de vie des ménages y résidant est le plus bas» compare le ministère de l’Éducation nationale. C’est également le cas, de manière particulièrement marquée, pour les DOM.

La note avance deux explications à ce phénomène. «La question de la rentabilité des études», que peuvent se poser des jeunes face aux problèmes d’emploi des adultes, et le fait que «les familles à faible niveau de vie» n’ont pas les moyens d’offrir une scolarité longue à leurs enfants. Un cercle vicieux donc, car les difficultés économiques des habitants d’un territoire les poussent à se déscolariser, renforçant les difficultés économiques de ce territoire, en manque de main d’œuvre qualifiée pour son développement.

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